Le film de Stéphane Brizé, La loi du marché, a valu le mois dernier à Vincent Lindon le prix d’interprétation à Cannes. Ce film retraçant l’histoire d’un chômeur qui devient vigile de supermarché avait déjà fait polémique suite à des propos de Laurence Parisot, l’ex-patronne du Medef. Elle l’avait assimilée à « un film d’horreur ».
Mais cette fois c’est une accusation de plagiat qui est mise en avant par Slate.fr : La loi du marché ressemblerait fortement au court métrage de Patrice Deboosère, Lundi CDI.
Ce dernier a d’ailleurs publié un message sur Facebook :
« Vincent Lindon a découvert mon court métrage alors que je le sollicitais pour un autre projet. Il m'a alors confié son souhait d'étudier la possibilité d'en faire un long. Je l'ai autorisé à le montrer à différentes personnes afin d'envisager cela plus concrètement, tout en lui rappelant mon désir de travailler avec lui.
Quelques mois plus tard, j'apprends par hasard que Stéphane Brizé travaille sur le projet. Contrarié de ne pas avoir eu d'informations directes sur l'évolution de ce projet, j'ai surtout compris que mon rôle se limiterait à avoir suscité ce désir de film. Concernant d'éventuels droits, je conviens oralement, avec Stéphane Brizé et Christophe Rossignon, le producteur, que si un ou plusieurs éléments narratifs de mon film seraient réexploités, il serait question d'un contrat en bonne et due forme. Finalement, la version finale du scénario n'en comportait aucun, donc pas de contrat. Je n'ai à ce jour pas encore vu le film mais je fais entièrement confiance à Stéphane Brizé, dont j'apprécie beaucoup le travail et pour lequel mon film aura juste été une source d'inspiration comme une autre.
Voilà donc l'explication de cette similitude. Je sors de cette petite expérience encore plus lucide sur le fonctionnement d'une partie de la production cinématographique française, où le court métrage d'un réalisateur anonyme peut devenir l''incident déclencheur' d'un projet ambitieux et très visible... mais se passant de ce réalisateur anonyme (La Loi du marché?).
Je garde néanmoins la fierté d'avoir incité, par mon travail, d'autres artistes à traiter d'une certaine réalité sociale que je côtoie quotidiennement. J'en sors convaincu que ce que j'ai à défendre dans mes projets de cinéma fait sens dans notre société et je suis donc d'autant plus déterminé à me battre pour qu'Hors-jeu, mon projet de premier long métrage, puisse exister sur les écrans. »
Le réalisateur de La loi du marché, s’est défendu sur Slate.fr :
« Moi je vois le court Lundi CDI et je dis immédiatement à Vincent que je ne développerai pas cette histoire-là, pour moi, ça ne tient qu'en court. (...) Un personnage d'agent de sécurité, c'est comme un personnage de policier, ce n'est pas une idée qui appartient à quelqu'un. (...) Chez moi, l'enjeu dramatique, c'est quelqu'un au chômage qui se retrouve avec un emploi et un dilemme moral : est-on prêt à tout pour garder son emploi ? (...) Mais immédiatement, j'appelle Patrick [sic] Deboosère, (...) mais son histoire n'a rien à voir avec mon histoire. Il me dit : 'Vous me promettez que vous ne récupérez pas l'idée principale ?' Je lui ai dit : 'Si on prend quoi que ce soit on vous paiera.' Et je lui ai dit : 'Vous êtes bien d'accord que vous n'avez pas inventé la figure de l'agent de sécurité.' Il m'a dit : 'Bien sûr, pas de souci.' Et finalement, nous n'avons rien repris. »
Inspiration ou plagiat ? Patrick Deboosère ne semble pas être très rancunier …
Pour vous faire votre idée, vous pouvez voir son film ici :






































