"Ma liberté de penser" : quand Florent Pagny réglait ses comptes avec le fisc… et décrochait un numéro 1

"Ma liberté de penser" : quand Florent Pagny réglait ses comptes avec le fisc… et décrochait un numéro 1

En 2003, Florent Pagny transforme ses démêlés avec l'administration fiscale en tube. Six semaines en tête des ventes, un disque de platine et un clip resté culte. Retour sur une chanson née d'une blague.

On peut tout lui prendre, sauf sa liberté de penser. En mars 2003, Florent Pagny débarque avec ce refrain sur un air léger, presque estival. Derrière la mélodie qui sent les vacances, il y a pourtant un vrai règlement de comptes : celui du chanteur avec l'administration fiscale française, avec qui il est alors en conflit.

Un texte écrit "pour rigoler"

La chanson est signée Lionel Florence pour les paroles et Pascal Obispo pour la musique. Le duo n'en est pas à son coup d'essai avec Pagny : c'est déjà lui qui avait écrit "Savoir aimer" en 1997, autre numéro 1 du chanteur.

Selon le récit qu'en a fait le parolier dans un documentaire consacré au chanteur, le texte est né trois ans plus tôt, griffonné dans une voiture, comme une chanson pour s'amuser. Le ton est ironique, mordant : le fisc peut emporter la maison, les meubles et le reste, il ne mettra pas la main sur ce qui se passe dans la tête de l'artiste. Lionel Florence l'envoie à Pascal Obispo, qui la met en musique. Obispo sent tout de suite le tube, et le dit.

Six semaines au sommet

Premier extrait de l'album "Ailleurs land", le single entre directement à la sixième place des ventes en France fin mars 2003. Il grimpe ensuite jusqu'à la première place, qu'il occupe six semaines d'affilée. Il dépasse les 500 000 exemplaires vendus et décroche un disque de platine.

Le clip fait beaucoup pour son succès. On y voit un agent des impôts superviser une armée de déménageurs en combinaison orange, qui vident méthodiquement la maison du chanteur et chargent tout dans des camions. Florent Pagny, lui, regarde la scène sans broncher, l'air provocateur. Difficile de faire plus clair.

Une chanson qui lui a valu des ennuis

Le chanteur a reconnu par la suite que ce morceau lui avait aussi créé pas mal de complications. S'en prendre ouvertement au fisc en chanson, à une heure de grande écoute, ne se fait pas sans conséquences, et la chanson colle depuis à son image de rebelle un peu provocateur.

Plus de vingt ans après, "Ma liberté de penser" reste l'un des titres les plus emblématiques de Florent Pagny, avec "Savoir aimer" et "N'importe quoi", ses deux autres numéros 1. Il l'a chantée sur toutes ses tournées, et le public la reprend toujours en chœur. Quant à la liberté de penser, le chanteur a confié qu'aujourd'hui, selon lui, mieux vaut la garder pour soi.