Les tubes de l’été seraient-ils en train de déchanter ?

Les tubes de l’été seraient-ils en train de déchanter ?

Vers une disparition des tubes de l’été ?

La question reste en suspens « Où sont passés les tubes de l’été ? ». Au cours de la décennie 90, les tubes ensoleillés se sont multipliés à un rythme soutenu. Certains sont même devenu des madeleines de Proust, de la chorégraphie de camping aux embouteillages en passant par votre premier amour de vacances, les tubes de l’été sont désormais de lointains souvenirs…

 

La Lambada (1989), Soca Dance (1990), la Macarena (1996), Samba de Janeiro (1997), Yakalelo (1998), Mambo n°5 (1999) ont ainsi marqués toute une décennie. Figurez-vous que le Mupop de Montluçon a même décidé de rendre hommage à ces titres estivaux dans une exposition visible jusqu’au 5 janvier 2020.

 

Au cours de la visite, vous découvrirez que les tubes de l’été ont toujours existé. Néanmoins, ils ont été inventés par les maisons de disques et les chaînes de télévision, associant l'achat d'un single au fait de passer des vacances festives et joyeuses. Ce concept de marketing date de 1989. Cette année-là, TF1, en collaboration avec le producteur Sony France, inondent ses écrans avec le clip de la Lambada. La vidéo est sponsorisée et principalement financée par Orangina. Le single se vendra à 1.735.000 exemplaires et reste le tube de l’été le plus vendu !

 

Au cours de l'été 1990, TF1 retente l’opération en diffusant en boucle le clip de Soca Dance. Dès lors, le tube de l’été à ses propres codes : collaboration entre une chaîne de télé et une maison de disque, clip ensoleillé et danse simpliste. En 1996, M6 va entrer dans la course avec le succès de la Macarena.

 

Le dernier « tube de l'été » qui a marqué les esprits est Las Ketchup (2002), un tube mondial récupéré par TF1. Plus tard, les titres estivaux vont connaître un déclin. La première explication réside dans une décision du CSA rendue en 1999. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel fixe alors la durée minimale de diffusion des clips à 1 minute 30 par jours. Ainsi, les chaînes, qui diffusaient de nombreux extraits de 20 ou 30 secondes de leurs tubes entre deux programmes, sont rattrapées par la patrouille. Le clip du tube de l'été devient trop long pour être diffusé toutes les heures. En devant de plus en plus rares sur les écrans, les tubes perdent leur principale source de promotion.

 

De plus, la crise de l'industrie du disque commence au début des années 2000. Ainsi les maisons de disques connaissent une crise sans précédents. Mais un tube de l'été, c'est avant tout un gros investissement marketing. Sur ces chansons estivales, les majors vont investir des centaines de milliers d'euros pour faire rentrer le tube dans toutes les têtes avec des nombreuses publicités.

 

Une autre explication alimente la disparition du tube de l'été : Le titre ne sert qu'à vendre des singles et certainement pas des albums. Depuis que le téléchargement illégal de moins en moins de jeunes achètent des singles. D’après le site Infodisc, la meilleure vente de single en 2008 est Tired of being sorry d'Enrique Iglesias avec 286.200 exemplaires. En 2002, le tube de l'été de Las Ketchup s'était arraché à 1.750.000 exemplaires…

 

De plus, Internet et Youtube ont de leurs côtés contribués à la disparition du tube de l’été. En effet, le morceau estival est fondé sur un rétrécissement de l'offre. Que vous allumiez votre radio ou votre télé, que vous alliez à la plage ou en soirée camping, la musique est la même partout. Le tube est alors un rite social, un titre que l'on partage avec les voisins de camping.

 

Internet a provoqué un extraordinaire élargissement de l'offre. Désormais, on découvre moins la musique à la radio que sur YouTube ou sur les plateformes musicales. Les programmateurs ne font ainsi plus la pluie et le beau temps, aujourd’hui le consommateur, seul devant son ordinateur ou son smartphone, choisit le morceau qu’il souhaite écouter.

 


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