Eddy Mitchell : Johnny Hallyday, la drogue, la mort... Il se confie

Eddy Mitchell : Johnny Hallyday, la drogue, la mort... Il se confie

Schmoll sort un livre avec son fils.

Eddy Mitchell est un des plus grands représentants de la chanson française. Aujourd'hui âgé de 78 ans, il a pris le temps de se poser avec son fils, Eddy Moine, pour se livrer dans "Le Dictionnaire de ma vie", un livre qui revient sur sa longue et riche histoire et dans lequel il n'élude aucun sujet. C'est en tout cas ce qu'il a expliqué dans une longue interview au JDD.

LA DROGUE ET LE JEU

"Il m'est même arrivé d'envoyer un assistant jouer à ma place à Deauville. Je lui donnais mes consignes depuis le bar du Normandy. C'est là, un jour d'hiver, pour le tournage du film "Attention, une femme peut en cacher une autre", que j'ai décidé de me faire interdire de casino. Plus que de l'argent, j'ai perdu du temps. La coke, j'en ai pris quand je travaillais sous la contrainte, à l'instar de cette tournée Europe 1 en 1976 : 150 dates que j'avais acceptées pour les impôts. J'avais besoin d'un stimulant. J'ai fait toute la tournée sous coke, puis j'ai arrêté aussi sec".

JOHNNY  

"Alors que je me trouvais à Nashville, Johnny m'avait demandé de lui acheter une superbe guitare de luthier, une grosse acoustique qu'on pouvait changer en électrique. Du sur-mesure, fait main en trois semaines, que je paie 30.000 dollars de ma poche. Je la rapatrie à mon pote - qui oubliera d'ailleurs au passage de me rembourser pendant un bon petit moment - puis je vais l'écouter au Zénith. Il attaque "Tutti Frutti", deux accords, sur cette guitare de luxe. Et, à la fin de la chanson, bling, je le vois qui la jette dans le public ! Là, j'ai regardé 30.000 dollars partir en fumée. Mon ami Johnny est mort comme il a vécu, en laissant une dette incroyable aux impôts. Moi, avec le dixième de ses démêlés fiscaux, j'aurais passé des nuits affreuses."

LA MORT

"Je pense souvent à la mort, la nuit. Des obsèques nationales, très peu pour moi. J'ai déjà tout préparé, ce sera au cimetière marin de Saint-Tropez, en petit comité. J'espère que je n'emmerderai personne. Il n'y a pas d'archives, je ne garde rien de mes brouillons. Tout a été publié de mon vivant et je suis étonné que ça ait duré aussi longtemps. Car, au départ, il faut bien le dire, personne n'y croyait."